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N° 63 - Mars 2002
N°
62 - décembre 2001
Éditorial du N° 62 :
...
Affection, Compassion, Amour
Quel dieu au coeur de l'humain ?
"Amour"
des mots, "amour" du discours, la quête philosophique
de l'Occident se serait-elle égarée ?
L' « Amour de la Sagesse », « Philos-Sophia
», reste toujours à recommencer - il semble que nous
l'ayons oublié ! . . .
Depuis la naissance de l'époque moderne, et avec la disparition
du néoplatonisme, nos philosophes ont délaissé
l'Amour. Les ouvrages de nos
penseurs en sont dépourvus, et on peut se demander si ce
manque d'inspiration n'est pas responsable des dramatiques dissensions
que nous entretenons en nous et autour de nous.
Les conflits entre les peuples et entre les hommes, les rejets,
les violences et les séparations - nous ne le savons que
trop ! - résultent d'un manque de sensibilité ou
d'affection naturelle des uns envers les autres. Telle est la
cause cachée et inconsciente de ces haines, de ces ambitions,
de ces envies et de ces désespoirs dont nous sommes le
terrain inconscient. La terreur du « vide intérieur
» , la peur du manque, non senti consciemment, ou de l'absence
d'être, engendre tous les dérèglements individuels
et collectifs que nous n'osons soupçonner.
La vision directe de ces manques, et des processus de défense
qui tentent constamment de les combler, ouvre de nouvelles perspectives
: l'amour-attachement n'est pas l'Amour réel (platonique
ou christique...).
Libérateur de l'illusion d'une différence de fond
entre les religions - illusion générée par
le poids de nos sectarismes et fanatismes guerriers - , l'Amour
demeure un éternel remède.
Plus que jamais, au coeur des nouveaux chercheurs en quête
de sens, cet
ultime mode de Connaissance est à redécouvrir.
N° 61 - Septembre 2001
Éditorial
du N° 61 :
Qui suis-je ? Cette question, poncif des milieux religieux, spirituels
et pseudo-spirituels, nécessite, pour en a-percevoir l'essence,
la compréhension d'une attention non fixée sur une éventuelle
réponse de l'intellect... Dans un instant de recueillement , la
dimension verticale de cette question, transcendant la personnalité
horizontale limitée au "connu", prendra toute son ampleur
universelle, dans la dissolution menée à terme de la question
comme du questionneur... Le "SOI" (l'Homme authentique)
demeure ainsi un mystère inaccessible au savoir artificiel de
l'intellect. Quant au "je" qui s'exprime sans cesse
dans notre quotidien, qui est il ? Quand vous dites "je"
(je l'aime... je la déteste) : qui s'affirme en "permanence"
(?) en vous ? Ce "je" est-il fiable ? Êtes-vous "Un"
en vous, ou votre intériorité est-elle aussi foisonnante, bruyante
et contradictoire qu'une "foire à tout" ?
Ainsi, qui suis-je ? L'entité "moi" a-t-elle un sens
? L'ultime réalité est-elle un SOI impersonnel non fluctuant ou
la pure vacuité ?
Entre science et religion, un dialogue sans préconçus reste à
construire : l'Être spirituel, intemporel, n'est qu'une "possibilité"
à la "Toute Possibilité" cosmique, l'issue d'une nouvelle
mentalité sui generis ("métanoïa"), d'une "conversion",
d'une "transmutation", de "l'éveil", ou d'une
"seconde naissance"*. C'est pourquoi, confronté, sans
le savoir, à l'ignorance entretenue de la potentialité verticale
de l'homme et à l'inaccomplissement en lui-même de son héritage
spirituel, le contemporain, savant ou non, est devenu un sceptique
et le "croyant" (exotériste des religions), un naïf.
Il est donc désormais indispensable de placer, dès le début de
nos recherches religieuses, philosophiques et scientifiques se
rapportant à l'homme, une connaissance de soi en prise directe,
enracinée dans le concret et les actes du quotidien. A défaut,
l'incompréhension des voies à finalité spirituelle, de niveau
initiatique, par l'homme "tout venant" identifié aux
multiples facettes rutilantes de son existence ordinaire, ne fera
qu'accroître le pouvoir destructeur illégitime de l'ego.
Moi réel, SOI ultime, néant ou Vacuité, diverses approches sont
ici présentées dont l'objectif essentiel reste et demeure : Qui
suis-"je" ? Et je le saurai en toute plénitude quand
la question ne se posera plus dans la dualité !
*
voir la Revue 3e millénaire n°55,
p.60 & n°58, p.6
N°
60 - JUIN 2001

Éditorial
du N° 60 :
Sens
et Conscience
Longtemps considérés comme sources d'erreurs et d'illusions,
nos sens demeurent pourtant les seules fenêtres que nous avons
sur le monde. Faut-il alors en restaurer l'usage jusqu'à leur
redonner un statut d'outils de connaissance ? C'est ce qu'envisagent
la redécouverte du corps au sein des « nouvelles spiritualités
» et la phénoménologie, qui apporte à la philosophie un nouvel
élan entre Sens et Conscience.
Désapprouvés sur le chemin des voies ascétiques, exclus progressivement
des sciences modernes et contemporaines, les sens, dont nous n'avons
qu'un usage conditionné, restent entièrement à découvrir. C'est
ce qu'indiquent les enseignements initiatiques d'Orient et d'Occident
qui conçoivent nos identifications aux mécanismes autoréférentiels
de l'ego comme d'insignes voiles d'Isis jetés sur le Réel.
Après avoir exploré la physiologie des sens, les sciences cognitives
tentent aujourd'hui d'éclaircir le rôle des interactions entre
pensée, pulsion, sensation et perception. En quoi les sagesses
traditionnelles répondent-elles déjà à ces questions ?
Depuis que la science du XVIle siècle a défini le connaissable
en termes de « qualités premières » (espace, forme, mouvement),
au détriment des dites « qualités secondes » (odeur, goût, couleur...),
la conscience humaine s'est lancée en quête d'une fabrication
artificielle d'objets sensoriels. Odeurs et saveurs synthétiques,
images et sons électro-mécaniques ont pris le statut de sources
d'informations devenues indispensables. Nous interrogeons-nous
sur la nature de ce type d'informations ? Que gagnons-nous et
que perdons-nous à reconstituer un monde de sensations artificielles
?
Tout un ensemble de questions essentielles sont ici abordées par
des auteurs sensibles aux problèmes de notre temps et aux enjeux
de l'homme en devenir.
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N°
59 - Mars 2001

Éditorial
du N° 59 :
Providence,
fatalité et liberté intérieure
Parmi
les décombres d'une ville indienne ravagée par le cataclysme du
mois de janvier 2001, les premiers journalistes occidentaux, arrivant
sur les lieux, interrogent les autochtones. A l'unanimité, le
tragique "tremblement de planète" est vécu comme un
incroyable phénomène providentiel, source d'éveil émergeant pour
ébranler l'homme identifié inconsciemment à sa misère intérieure...
Des
enquêteurs du ministère indien, dépêchés sur les lieux pour constater
l'épouvantable tragédie économique, sont alors soumis à la question
: « Pensez-vous
également que ce tremblement de terre se soit produit à cause
du péché des gens de cette région ? »
Après s'être regardé brièvement,
ils répondent d'un accord tacite : « Non,
nous, nous croyons à ce que dit la science ! »
Ouf
!... tout le monde occidental semble rassuré : les journalistes
et les téléspectateurs.
...
Et pourtant, cette dramatique confusion du pourquoi et du comment,
du métaphysique et du physique, ne fournit rationnellement aucune
réponse. Au nom de quel principe faudrait-il encore retirer,
à des gens qui ont tout perdu, leur propre sens de l'épreuve et
du tragique ?
Venir
en aide aux autres pour soulager leurs souffrances est une chose
fondamentale - c'est l'épreuve des nantis qui n'ont rien perdu
-, mais vouloir ôter, d'une conscience étrangère à l'Occident,
le vécu intime d'un phénomène terrestre, est tout autre chose...
A moins qu'un droit international ne vienne encore imposer, là-bas,
ce qu'il convient de penser en pareilles circonstances.
Que
dire face à celui qui vit et voit différemment de si effroyables
événements ? Fatalité, malchance, hasard... nous n'avons pas
les mots justes, tout comme face à la mort il y a encore quelques
années, « l'accompagnement des mourants » demeurait un tabou...
Les hommes de notre temps,
en effet, ont réduit l'ensemble de leurs réflexions scientifiques
au rôle "insensé" du hasard et de la nécessité, tandis
que les Anciens, qui n'excluaient aucunement les phénomènes aléatoires
de la matière, s'interrogeaient sur le sens de la Liberté et de
la Fatalité qu'ils distinguaient de la Providence, porteuse de
lois inconnues à nos esprits limités. Pouvons-nous retrouver ces
dimensions oubliées, et prendre conscience que cet univers sans
Intelligence (disent les scientifiques) n'est que le produit de
notre pensée linéaire "non holistique" ?
Ces
questions, et beaucoup d'autres, ne peuvent s'éclairer qu'en présence
de l'Intelligence d'un coeur purifié de la négativité de l'ego
et d'une raison libre de toute interférence dont il nous faut,
aujourd'hui, retrouver les harmonies fondamentales (*).
Sciences
et Tradition ouvrent ici un nouveau dialogue.
(*)
L'objectif de la Revue est d'oeuvrer en ce sens, et en premier
lieu en alertant pédagogiquement le lecteur sur la confusion maintes
fois constatée chez nombre d'auteurs dits spirituels entre l'effort
de la "fausse personnalité" (Gurdjieff)
pour atteindre la "libération" de tous conditionnements
et auto-préjugés et l'effort du lâcher-prise dans le "non-agir"
de l'ego.
Ainsi
en est-il souvent de l’assertion "nous sommes déjà Cela". Vérité principielle, cette
affirmation est reçue chez l'aspirant, au niveau intellectuel,
par l'ego de la 'fausse
personnalité" - autres exemples frappants : "ouvrons
consciemment notre coeur" (!?), "il suffit de lâcher-prise"
(!?)
; on trouve de ces formulations et clichés à longueur d'ouvrages...
Il en résulte une incompréhension fondamentale de l'infinie distance
entre le Vrai en nous, masqué par le faux, et la fausseté elle-même;
incompréhension, chez le chercheur novice, pouvant mener jusqu'à
la désespérance suicidaire.
A
contrario, la Revue Humaniste 3e millénaire ne cherche pas à vous emmener d'un
coup de baguette magique, ami lecteur, vers les plus hautes cimes
spirituelles, mais offre un cheminement graduel de désidentification
vers la compréhension de "ce qui est" :
notre "fausse
monnaie" (Gurdjieff);
ce qui est n'est pas ce que l'on croit être.
A
défaut, l'errance vers l'avènement de notre Être authentique serait
notre purgatoire.
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N°
58 - Janvier 2001

Éditorial
du N° 58 :
L’observation de soi :
Un seuil du transpersonnel
Vers une observation non-duelle
L’observation est devenue, tout au long du XXe siècle,
le problème central de la conscience humaine. Impliquée en science
où le "modèle" semble, très souvent, définir l'expérience,
elle reste un mystère inexpliqué. Réfutée par les uns, indifférente
pour les autres, elle indique un nouveau seuil inconnu dans l'évolution
de nos consciences.
Education de
soi (étym. : e-ducere,
conduire au-delà des conditionnements) et approche de la
méditation non-discursive, l'observation jette un pont
au-delà de la pollution des mots et des images artificielles de
notre civilisation dite de "communication"...
Faut-il, pour
autant, apprendre à "observer" ? Sûrement
! Apprendre alors à découvrir l'extrême difficulté, engendrée
par l'ego non dissous à « voir ce qui est ». La réalisation
de cette constatation ouvre à celui qui s'y consacre un chemin
de possible libération intérieure. Ainsi, l'incontournable dualisme
observateur/observé, état psychologique conflictuel généré par
l'ego, peut-il être dépassé ? Les Traditions initiatiques d'Orient
et d'Occident répondent à cette question cruciale, et proposent
des points de repère susceptibles de nous éclairer sur l'interrogation
centrale : « to be or not to be ... ?».
L'observation
non-duelle - libérée de l'attention identifiante de l'observateur
et de ses masques - marque, en effet, le seuil du Transpersonnel
auquel se heurte la psychologie moderne, en l'absence d'une compréhension
expérientielle de soi dans sa finalité intemporelle.
A l'orée du troisième millénaire, nous abordons ce thème avec
de nombreux chercheurs, auteurs et amis qui, en apportant ici
leurs merveilleux témoignages et réflexions fondamentales, enquêtent
aux confins du connu !
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N° 57 - Septembre 2000

Éditorial du N° 57 :